Je ne sais pas vous, mais je n’en peux plus d’entendre cette expression des politiques de tous bords qui en profitent pour faire passer à chaque fois leurs idées donc tour à tour : les Français veulent de la sécurité, puis les Français veulent un meilleur pouvoir d’achat, puis les français veulent une justice plus performante etc
Mais d’où vient cette formule « les Français veulent » … ? Sur quelles bases s’appuient les uns et les autres pour affirmer ce qu’ils avancent ? Qui sont ils pour prétendre savoir exactement ce que veulent les Français, dont au passage, ils s’excluent dans la distanciation induite par l’expression ?
Leurs propos se fondent ils sur des études, sur des sondages d’opinion ?
Que disent les politologues ? « Celles et ceux qui utilisent cette formule donnent le sens qu’ils veulent à la volonté populaire. A gauche, le pouvoir d’achat, ce que veulent les Français c’est pouvoir vivre dignement de leur travail. A l’extrême droite, la sécurité et le nationalisme, ce que veulent les français c’est sortir de l’insécurité massive, sortir de la mondialisation, sortir de la casse sociale »,
Les sujets diffèrent donc en fonction du bord politque. L ‘important n’est pas là, cette expression permet surtout aux politiques de faire croire qu’ils entretiennent un lien direct avec les citoyens et qu’ils sont pourvus d’un sixième sens leur permettant de connaître instinctivement ce que pensent les français. Quand ils disent que les Français veulent plus de pouvoir d’achat, d’accord, mais qu’est ce que ça veut dire ? Une fois qu’on a dit ça, on n’a pas résolu grand chose.
En réalité l’expression ne cherche pas à apporter des solutions concrètes aux problèmes rencontrés par les Français. L’élément de langage ne sert qu’à asseoir le pouvoir et la légitimité politique de celles et ceux qui l’emploient.
Affirmer haut et fort ce que veulent les Français semble alors assez réducteur.
L’expression contient en elle-même sa limite. Gimmick de langage, c’est une expression valise qui fait partie d’une évolution de plus en plus déplorable de la communication politique.
Sources : Politologues Jean Yves Camus et Stéphane Rozès

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