Pour débloquer le pays engoncé dans des crises dont on ne voit pas comment elles vont se résoudre, on commence par le bloquer.
Une sorte de confinement volontaire.
En 2020-2021 on nous a empêchés de sortir de chez nous, à mon avis pour d’excellentes raisons mais c’est un autre sujet.
Cinq ans plus tard, nous ne sommes toujours pas guéris de ce que nous avons vécu durant la crise de la Covid. Les morts, l’angoisse, la solitude, les contrôles nous ont traumatisés. Il n’y a qu’à voir la nature des relations depuis lors : le règne du chacun pour soi, les autres si vraiment j’en ai besoin mais autrement bye, mais c’est un autre sujet:)
Le principe fondamental du « bloquons tout » équivaut à un confinement volontaire.
Au lieu de le subir cette fois, il s’agit de le générer et d’en faire une promesse de libération.
Bloquer l’économie pour faire tomber les banques et la grande distribution ne me semble pas une bonne solution de plus l’idée est vieille comme le monde.
Jean jacques Rousseau au 18ème écrivait « Tirer du mal lui même le remède qui doit guérir ». Le remède dans le mal consiste à tirer les bienfaits de quelque chose de pénible.
Si le confinement devient volontaire, il ne sera plus vécu comme une soumission, une aliénation mais comme une manière de récupérer un peu de son pouvoir d’agir à la fois au niveau individuel mais aussi au niveau de la population dans son ensemble contre l’état ou ce qu’il en reste, formidable revanche sur la période Covid.
Qu’il fasse “floc” ou “pschitt”, le mouvement “Bloquons tout” n’exprime donc pas seulement l’exaspération de la société face au blocage politique et aux difficultés économiques. Il dit aussi que nous n’avons pas encore digéré le seul moment de l’histoire récente où nous étions tous, à nos dépens, sur le même bateau : nos années Covid.
Alors tu bloques ou tu « débloques » ?

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