Un large sourire, des baisers qui s’envolent et qu’on lance du bout des doigts, des yeux qui se plissent, des mots qu’on saisit çà et là, des livres qu’on lit et qui nous font rire, de la mode, de la légèreté, des soucis qu’on balaie d’un haussement d’épaules, des projets qui tiendront ou non, un intérieur qui pourrait être dans Maison et déco, un nouveau look, une nouvelle coupe de cheveux, le visage au soleil, un amour serré dans ses bras, des nouvelles des enfants qui vont bien, se dire que les enfants n’en sont plus vraiment, des enfants, mais toujours pour moi, discrets, présents tout de même, aimants et respectueux de ma vie, ressentir une passion soudaine pour un peintre, un auteur, observer un chat qui passe et se roule au sol faute d’avoir le courage de se laisser caresser, jouer avec les mots, lire des bêtises sur les réseaux sociaux, avoir des questions qui restent sans réponses et des réponses dont on ne connait pas la question, envoyer des messages à ses amis, parler avec mon chien ou du moins échanger, se faire les ongles, les refaire, s’allonger et rêvasser, faire des photos, faire des selfies, écouter de la musique, privilégier les verres bien plein, ne pas s’écouter de trop, se réjouir du soleil qui se lève et de la brume en dessous, rouler en ouvrant les fenêtres pour sentir l’air même chaud, écouter des émissions sur l’art, la littérature, s’indigner, se révolter, crier et puis rire, envoyer des petits coeurs et des smileys qui rigolent, lire les livres pour enfants de Christian Oster comme Les trop petits cochons, s’étonner des trouvailles, chiner sur internet, attendre des colis, repeindre des murs, jouer au scrabble, se balader nue dans l’appartement, danser toute seule ou à deux, s’arrêter quelques minutes ou davantage au bord d’un fleuve pour regarder filer l’eau, faire un peu de gym, un peu de yoga, de méditation, faire fi de ses douleurs de part et d’autre, bousculer les autres, inventer des chansons, suivre le travail d’un artiste toute sa vie durant et voir comment il (elle) a évolué, découvrir une nouvelle philosophe aussi jolie qu’intéressante, se passionner encore pour elle, se dire que décidément je ne peux rien vivre sans passion, se friser les cheveux, boire plusieurs cafés et dévorer une tablette de chocolat en une journée, s’inquiéter d’un mal de gorge, m’étonner des réflexions de ma mère si jeune dans la voix, s’acheter des gâteaux le dimanche, consoler un chagrin, se régaler de parler de La Princesse de Clèves, réaliser d’un coup comment le roman a évolué car il a évolué, s’endormir en écoutant des podcast, pleurer un bon coup et se dire que alors c’est ça la boule au ventre, se tromper de voiture sur un parking, sentir de nouvelles odeurs, s’énerver sur les réseaux sociaux pour des riens, recevoir de jolis textos, savoir que finalement on s’habitue à tout, s’étonner de voir mes amis pourtant si forts dans la difficulté, se laisser envahir par l’air, le Mistral, sentir de nouveau un petit frisson après les grosses chaleurs, se dire qu’il va falloir, dans quelques mois, mettre des gants à nouveau, voir mon dernier fils s’envoler loin d’Avignon, entendre mes enfants, ma petite fille au téléphone… et puis voilà… la vie toujours différente…et identique dans le même temps.

Jouir du quotidien
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4 réponses à “Jouir du quotidien”
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Comme c’est beau et léger tout ce mouvement. Merci Dominique
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Il faut profiter de tout cela , mesurer la chance que l’on a de vivre ….très beau cet enchaînement de propositions qui donnent du baume au coeur quand tout nous paraît assombri. Vous êtes une belle personne ❤️
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Si proche cette énumération du Sel de la vie de Françoise Héritier. Comme elle vous savez saisir ce qui passe. Ce doit être agréable d’avoir une amie comme vous. Bonne soirée
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Magnifiques : votre nouvelle photo pour le blog et ce texte qui respirent la sérénité…..
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