En salle actuellement, Avignon est une comédie qui nous parle à nous autres, avignonais qui trop souvent subissons le festival et ses désagréments (foule dans les rues, théâtres dans des lieux improbables, spectacles qui trop souvent semblent bricolés…) et tout cela sous un soleil cuisant, avec des terrasses combles. Le joyeux bazar du festival est donc parfois lourd à supporter. Et puis çà et là des pépites nous sont proposées, on passe d’incroyables moments de communion avec des comédiens qui ont la foi, on se marre, c’est délirant. Une forme de folie qui s’empare de la ville.
Il y a eu des années où je me suis braquée contre le festival et n’arrivais pas à y trouver du plaisir et puis j’ai commencé les critiques, j’ai été contactée par les attachés de presse, j’ai eu le recul de l’analyse, j’ai rencontré les comédiens, j’ai pris conscience de cet investissement énorme que ça représente : matériellement, d’un point de vue créatif, je me suis pliée à ce jeu de la surprise, à me retrouver devant des spectacles sans à priori, à me laisser surprendre.
Je vois ces jours ci le film « Avignon » comme une mise en bouche du festival à venir.
Dans « Avignon », le théâtre s’invite dans le cinéma pour le plus grand profit de l’un et de l’autre. Un comédien (Fabrice Lecaplain) rejoint sa petite troupe pour jouer une pièce populaire au festival d’Avignon. Il y retrouve Fanny (Elisa Erka), comédienne ayant bien percé dans le milieu, à qui il fait croire qu’il joue Le Cid. De ce quiproquo naissent des situations comiques qui perdurent jusqu’au dénouement…
On voit l’ambiance du festival, tour à tour chaleureuse et tendue, où alternent embrassades et crises de nerfs, sur fond de galère financière gérée de façon improbable par le chef de troupe (Lyes Salem). Les acteurs sont au top. On voit également la ville filmée comme on n’a pas l’habitude de la voir et on se dit que c’est là qu’on vit depuis quelques années et que tout de même c’est magnifique. Crade certes mais magnifique tout de même.
On est là dans les coulisses du festival et c’est un vrai plaisir, beaucoup de sourires voire de franches rigolades. Evidemment on pressent que comme dans les comédies, tout va bien se terminer, mais tout est si tendre, si agréable que par les temps qui courent, tout cela fait beaucoup de bien. Marivaux n’aurait pas renié le film, si proche dans l’esprit du « Jeu de l’amour et du hasard« .
J’ai beaucoup aimé .

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