Minute philo

Quelques idées qui me viennent suite à l’épreuve de philo du bac aujourd’hui. J’ai choisi le sujet : La vérité est elle toujours convaincante ?

La vérité est elle toujours convaincante ?

Un sujet intéressant qui présuppose que la vérité puisse être convaincante, mais interroge sur son rapport au temps avec l’adverbe TOUJOURS et également sur la linéarité de sa force de conviction.

La vérité pourrait être donc remise en cause par un phénomène (la science, la vérification des faits, l’enquête…) .Dans ce cas elle perdrait sa puissance de conviction, génèrerait des contre-vérités.

La force de la vérité, son caractère de toute puissance dépend des conditions dans lesquelles elle est perçue et reçue. Nous ne sommes pas toujours aptes à recevoir une vérité et à la faire nôtre car ce serait trop de bouleversements dans nos convictions, trop de remises en cause personnelles.

Notre époque est caractérisée par une multitude d’informations qui se propagent à toute vitesse dans les réseaux sociaux et les medias comme autant de vérités or pour qu’une vérité soit convaincante il faut qu’elle soit étayée par une argumentation solide et des exemples.

« Eureka » s’exclame Archimède après avoir découvert le principe de la poussée des corps dans l’eau et en s’enfuyant nu dans les rues. Archimède n’avait, lui, pas besoin d’arguments, il s’est retrouvé face à la vérité, une vérité, et cela a suffi pour le convaincre et faire de lui, au sens propre et figuré cet homme « nu » qui court dans l’excitation de la découverte.

La vérité peut donc se passer parfois d’arguments. A notre époque les choses sont plus complexes que dans l’Antiquité. Chacun croit détenir une vérité et si celle ci est affirmée avec assez d’aplomb, elle peut convaincre des esprits disons un peu faibles, naïfs peut être.

Il me semble que la tendance depuis quelques décennies va vers une remise en cause continuelle de la vérité, des vérités au prétexte que chacun peut haut et fort affirmer la sienne quand bien même il ne saurait produire l’argumentation qui la ou les rendrait convaincantes. Nous peinons aussi à nous laisser convaincre, l’ère est au doute systématique, au complotisme suspicieux. Beaucoup se vivent comme des êtres manipulés (par les pouvoirs, les medias, leurs congénères)

Il s’ensuit des sociétés où la méfiance est reine or la méfiance est l’ennemi de la vérité plus encore que le mensonge car elle participe du doute systématique. L’intranquillité s’ensuit. N’ayant aucune croyance en une vérité qui plus est lorsqu’elle est émise par une instance dont la fiabilité a été mise à mal, l’individu erre de doutes en suspicions. C’est là le terreau de l’angoisse, de la colère, de la jalousie … tout ce qui empoisonne l’existence et nuit à la qualité des rapports sociétaux

Mais je m’éloigne du sujet qui demanderait une réflexion qui n’a pas sa place ici et nous entrainerait vers une remise en cause de nos attitudes, comportements, propos.

La vérité si je mens:)


Abonnez-vous

c’est gratuit !

2 réponses à “Minute philo”

  1. Avatar de Jean.luc30
    Jean.luc30

    Merci Dominique pour ces idées fort intéressantes autour de la question posée. Vous donnez matière à penser et c’est tout à votre honneur.

  2. Avatar de Isa
    Isa

    Merci pour cet éclairage. Je suis d’accord avec vous : quand la vérité est mise sur le même plan que n’importe quel discours ou opinion, elle échoue à convaincre. Or c’est le cas aujourd’hui, chacun pense détenir la vérité alors que ce n’est qu’une opinion

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *