J’écoutais Edgar Morin, centenaire et plus, sur cette notion de vie quand on a dépassé un certain âge, qu’on a atteint un âge où on n’a plus vraiment envie de fêter son anniversaire, où on ne veut plus compter les années.
Je m’interrogeais alors sur le fait de vivre, que signifie « vivre » quand le corps commence à foutre le camp, que les gens autour de nous disparaissent, sont malades, que l’on est soi même confronté à la maladie, fatigué, que nos enfants sont des adultes et non plus de « jeunes adultes ».
Il me vient ainsi une sorte d’énumération, dans un souffle, comme j’aime en écrire parfois. Vivre, c’est quoi ?
C’est être capable de s’émerveiller, de s’amuser encore comme on le faisait enfant, vivre c’est s’intéresser aux autres, au monde, garder les yeux ouverts, c’est se débarrasser des faux problèmes, ne voir que le bon côté des choses sans s’aveugler, se satisfaire de faire des balades, avoir des projets, adorer, aimer, s’épanouir, regarder autour de soi, rire, être dans la dérision et l’auto dérision, sentir quelque chose de poétique à l’intérieur et à l’extérieur de soi, s’exprimer comme on le veut et peut par la musique, l’écriture, le dessin, la peinture, faire l’amour, embrasser, caresser et avoir la conscience de la peau, être curieux, risquer y compris sa vie, se féliciter, s’aimer soi même, enfin, parfois, considérer ses souvenirs, laisser vivre son passé, ses deuils, ses blessures en soi, aller vers de nouvelles personnes, jouer avec les contrariétés, se laisser surprendre par l’imprévu, les imprévus, sortir de sa zone de confort, pardonner, évoluer, être utile, s’engager, prendre soin de ceux que l’on aime : nos parents si ils sont encore là, nos enfants, nos conjoints, nos amis, jouir…
Tout cela avec la conscience que ce sont des divertissements au sens où il s’agit de vivre avec notre mort programmée sans être obnubilés par elle, en se libérant de cette angoisse puisque tout dans le Cosmos est voué à mourir un jour.
Je vous espère de beaux moments poétiques de vie.

Laisser un commentaire