A ma princesse et toutes les vôtres
La princesse qui rêvait à l’école
Il était une fois une princesse qui n’arrêtait pas d’être punie à l’école parce qu’elle mélangeait tout ou alors elle ne savait rien.
BREF, c’était la catastrophe !
Elle ne voulait jamais compter au delà de 10 et si la maitresse la grondait, elle regardait dehors et attendait que ça passe ou alors elle se bouchait les oreilles très fort jusqu’à entendre LA MER, le bruit des vagues et parfois un cri de mouette qui ressemblait un peu à la voix de la maitresse.
Et en plus elle tirait souvent la langue (en cachette)
– Bon, il suffit maintenant ! – Avait dit la maitresse qui était très sévère et qui en avait plus que marre de cette Princesse Marie, si insolente. Tu passeras tes journées au coin jusqu’à ce que tu décides de travailler et elle avait montré du doigt un coin de la classe où il n’y avait ni jouet, ni crayons, ni feuilles, pas même une table ou une chaise, ni une photo au mur, rien.
Le désert.
Pas rigolo.
Princesse Marie avait un peu trainé des pieds et de la robe ( elle avait une traine comme souvent les princesses) et puis elle était allée se mettre contre le mur
Alors ?
Que faire quand on est une princesse au coin ?
Derrière, elle entendait l’histoire que la maitresse racontait : une histoire de petite fille vêtue de rouge qui portait un petit pot de beurre à sa grand-mère au fin fond de la forêt, comme le lui avait demandé sa maman et qui avait disparu…
Elle est folle sa mère, se dit la princesse tout en regardant les nuages qui s’étaient mis à faire de drôles de formes dans le ciel : un oiseau qui rapidement avait laissé la place à un coeur puis tout s’était effiloché et l’oiseau avait disparu emportant le coeur avec lui et le ciel était devenu gris d’un coup.
Il s’était mis à pleuvoir. Pic, pic.. faisait la pluie, sur le rebord de la fenêtre toute proche ou plutôt l’oiseau qui s’était décroché du ciel et donnait des petits coups de bec contre la vitre tout près de Princesse Marie.
C’était un oiseau tout bleu avec une petite collerette jaune autour du coup, il se baissait et se relevait très vite, comme s’il voulait dégourdir ses pattes. Princesse Marie le surveillait du coin de l’oeil et l’oiseau faisait de même.
– Mais tu fais quoi là dans le coin de la classe ? demanda l’oiseau à la Princesse.
– Je n’ai pas le droit de te parler fit la princesse qui trouvait quand même un peu bizarre cet oiseau qui l’interrogeait.
– Si tu veux, je t’emporte sur mon dos et on vole jusqu’aux nuages… L’oiseau avait une drôle de petite voix, un peu éraillée, il avait du prendre froid sous la pluie – Regarde, j’ai un parapluie juste pour toi- Et il sortit de dessous son aile un minuscule parapluie qui ressemblait à un chapeau chinois.
– Ah bien oui, je veux bien dit Marie l’intrépide.
Ni une ni deux, elle ouvrit la fenêtre et s’installa sur le dos de l’oiseau, c’était confortable car elle était devenue toute petite, plus petite que lui bien sûr. Elle ouvrit le parapluie et l’oiseau fit encore une ou deux genuflexions, ce qui fit rire la princesse qui avait l’impression d’être sur un manège. Comme ceux de la foire où parfois le roi l’emmenait le dimanche quand elle avait été sage.
Pareil.
Ils s’envolèrent et très vite, Princesse Marie n’entendit plus la voix de la maitresse avec son histoire stupide d’enfant vêtu de rouge, stupide et terrifiante à la fois.
Là haut dans les nuages il faisait un peu frais, Princesse Marie regretta de ne pas avoir son joli manteau de pluie, le vert avec des rayures bleus. Ils passèrent au dessus de l’école, la cour était vide puisque tout le monde était en classe, puis il y eut le chemin de l’école et le château tout là-bas dont on voyait les tours et même la fenêtre de la chambre de la Princesse.
– Arrête toi dit Marie à l’oiseau, je veux rentrer dans ma chambre, j’ai un truc à prendre.
Sans broncher, l’oiseau se posa avec beaucoup d’élégance sur le rebord de la fenêtre qui par chance était ouverte. Princesse Marie entra vite fait et ressortit avec sa poupée Barbie, celle qui avait des chiens, en plastique bien sûr, dont un même qui faisait caca si on lui levait la queue.
– Maintenant ramène moi à l’école, vaillant écuyer ! Ordonna Marie tout en s’agrippant au cou de l’oiseau qui s’appelait Félix.
Et tous deux repartirent dans les airs. Quelques instants plus tard, c’était à nouveau l’école. Félix se posa un peu moins gracieusement car il glissait avec toute cette eau qui ruisselait sur le rebord de la fenêtre. Il fit un dérapage, contrôlé quand même.
Marie entra dans la classe.
Elle reprit, après avoir retrouvé sa taille comme par enchantement, sa place au coin en serrant sa poupée dans les bras.
La maitresse fut bien étonnée de la retrouver endormie à l’heure des mamans et encore plus étonnée de cette poupée qu’elle voyait.
Mais bon, les maitresses…

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