Un souhait.
Sommes nous voués comme la chenille et le têtard qui se promettent de ne jamais changer à faire des promesses que seul le vent entendra, qui ne tiendront pas dans le temps, qui « n’engagent que ceux qui y croient » ?
Que ce soit Johnny Halliday :
Je te promets le sel au baiser de ma bouche
Je te promets le miel à ma main qui te touche
Je te promets le ciel au dessus de ta couche
Des fleurs et des dentelles pour que tes nuits soient douces
Je te promets la clé des secrets de mon âme
Je te promets la vie de mes rires à mes larmes
Je te promets le feu à la place des armes
Et jamais des adieux rien que des aurevoir (paroles J.J. Goldman)
ou Romain Gary
« Avec l’amour maternel, la vie vous fait, à l’aube, une promesse qu’elle ne tient jamais. Chaque fois qu’une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d’amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous côtés, il n’y a plus de puits, il n’y a que des mirages. Vous avez fait, dès la première lueur de l’aube, une étude très serrée de l’amour et vous avez sur vous de la documentation. Je ne dis pas qu’il faille empêcher les mères d’aimer leurs petits. Je dis simplement qu’il vaut mieux que les mères aient encore quelqu’un d’autre à aimer. Si ma mère avait eu un amant, je n’aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine. Malheureusement pour moi, je me connais en vrais diamants. » (La promesse de l’aube)
Cette citation illustre bien la signification du titre de l’œuvre. La promesse est double : c’est celle que la vie a faite à Romain en lui offrant dès son plus jeune âge un amour passionné et inconditionnel : promesse que la vie ne tient pas, puisqu’il ne rencontrera jamais plus une femme capable d’un tel amour. Mais c’est aussi la promesse du fils à la mère : il se doit de remplir ses attentes, en devenant un écrivain célèbre et un diplomate français. Il se consacre pleinement à la réalisation du dessein maternel et finira par devenir à la fois écrivain et Consul Général de France, malheureusement trop tard pour que sa mère puisse le voir.
Ou plus récemment « La Promesse » de Camille Laurens, qui vient de sortir en librairie et dont je n’expliquerai pas le titre pour vous encourager à le lire. (Le roman vaut le détour en quelque sorte et parlera à beaucoup).
Je remarque qu’aujourd’hui on fait de moins en moins de promesses hormis dans la sphère du pouvoir où la promesse relève du fond du discours démagogique. Dans les sphères individuelles, les rapports humains devenus souvent complexes, superficiels, troubles sont de moins en moins liés par des promesses. Place est laissée à l’incertitude, le doute quant à la véritable nature des engagements. C’est un fait qui n’est pas général mais tout de même.
Il va de soi que beaucoup d’enjeux éthiques, psychologiques ou sociaux de la promesse tournent autour de la question de la confiance, et de plusieurs manières. Chaque promesse ponctuelle tire sa crédibilité de la fiabilité, ainsi certains sont fiables, d’autres non, par nature en quelque sorte. On sourira d’un enfant qui nous promet d’être toujours sage.
On sourit de la même manière d’un amoureux qui promet de nous aimer toute notre vie, à l’heure de la consommation tous azimuts dans tous les domaines.
Or rompre une promesse revient souvent à rompre la confiance qu’autrui nous a accordée, et inversement, tenir une promesse revient la plupart du temps à accroître cette confiance. Nous sommes donc souvent dans un cercle vertueux ou un cercle vicieux puisque la confiance est en jeu.
Je vous souhaite des promesses tenues et de la confiance (re)trouvée.

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