Un râteau.
C’est au coin de la rue, à l’entrée du café quotidien, au sortir du cinéma, tous endroits où le rapprochement physique est manifeste et pourtant.
Elle sort ou bien elle entre, souriante et détendue, dans cet espace de l’entre deux et elle lance un « bonjour » à celui, celle qu’elle croise. Un bonjour manifeste, voulu, gai, un bonjour des jours où tout semble facile, où les autres ne sont pas des ennemis potentiels mais où le plaisir du croisement est bien réel. Dans ce choc là de la bienvenue dans la journée.
Et là d’un coup, celui ou celle croisé répond par un « bonjour » fermé, banal, qui se fiche de tout ce qui en face avait été mis, qui vous renvoie par là l’inconvenance de votre salutation, qui vous rappelle à ce qui est ressenti comme une intrusion dans une existence que somme toute vous ne connaissez pas.
C’est alors que vous vous dites qu’il faut peut être en finir avec ce désir de créer de la proximité là où elle n’a pas lieu d’être. Que le bonjour merdique que vous avez eu en face était comme une petite claque. Parfois les autres c’est ça aussi.
Je vous espère des « bonjours » chaleureux

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