{"id":1385,"date":"2026-04-11T22:39:26","date_gmt":"2026-04-11T20:39:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/?p=1385"},"modified":"2026-04-14T07:56:42","modified_gmt":"2026-04-14T05:56:42","slug":"une-unique-lueur-et-une-nuit-blanche-pour-moi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/?p=1385","title":{"rendered":"Une unique lueur et une nuit blanche (pour moi)"},"content":{"rendered":"\n<p>Temps de lecture : 3 minutes<\/p>\n\n\n\n<p>Trois ans apr\u00e8s <strong><em>Sur la dalle <\/em><\/strong>, qui avait pu laisser certains lecteurs sur le bord du chemin, la reine du \u00ab rompol \u00bb, le roman policier o\u00f9 l\u2019enqu\u00eate polici\u00e8re se frotte \u00e0 l\u2019humour, \u00e0 la po\u00e9sie et au saugrenu, publie ce mercredi 8 avril chez Flammarion \u00ab Une unique lueur \u00bb. Un livre ample (523 pages), et parfaitement ma\u00eetris\u00e9, port\u00e9 par le magistral commissaire Jean-Baptiste Adamsberg. Sans conteste, l\u2019un des meilleurs crus de&nbsp;Fred Vargas lu d&rsquo;une traite pour ce qui me concerne.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une rue de Paris, une jeune femme d\u2019une beaut\u00e9 saisissante g\u00eet sur le pav\u00e9. Pas de lutte apparente, pas de violence spectaculaire. Il faut l\u2019intuition d\u2019Adamsberg pour comprendre : sous la veste, un trou au niveau du c\u0153ur. Et autour du corps, une mise en sc\u00e8ne troublante : des fleurs, une alliance, un bracelet muni d\u2019un sifflet, un maquillage, une tenue soigneusement choisie, un tailleur pied-de-poule, \u00e9paules carr\u00e9es, taille cintr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout indique un assassin ritualiste, presque \u00ab galant \u00bb dans l\u2019horreur. \u00ab<strong><em> Ni viol,<\/em><\/strong> <strong><em>ni brutalit\u00e9, ni rage, ni exhibition du corps<\/em><\/strong>. <strong><em>\u00c0 croire que le tueur l\u2019a poignard\u00e9e avec des \u00e9gards<\/em><\/strong> \u00bb, conclut Adamsberg. Et quand une deuxi\u00e8me victime appara\u00eet, selon un modus operandi identique, l\u2019\u00e9tranget\u00e9 devient syst\u00e8me, donc menace.<\/p>\n\n\n\n<p>Fred Vargas balade de nouveau son lecteur. Entre d\u00e9tours, fausses pistes, associations d\u2019id\u00e9es improbables, on cavale. S\u00fbrement parce que son h\u00e9ros commissaire, r\u00eaveur imp\u00e9nitent, n\u2019est jamais aussi redoutable que lorsqu\u2019il semble ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">On retrouve le commissaire Adamsberg mais aussi ses compagnons<\/h2>\n\n\n\n<p>Il divague, d\u00e9ambule, saute d\u2019un d\u00e9tail \u00e0 un autre, m\u00e9lange les mots, les images, les souvenirs. Le voil\u00e0 sur la piste du po\u00e8te G\u00e9rard de Nerval, un \u00e9crivain majeur du romantisme fran\u00e7ais (<em>&nbsp;\u00ab Je suis le T\u00e9n\u00e9breux, \u2014 le Veuf, \u2014 l\u2019Inconsol\u00e9\u2026 \u00bb, \u00e9crivait-il)<\/em>&nbsp;avant de nous embarquer sur celle de l\u2019actrice am\u00e9ricaine Lauren Bacall.&nbsp;Un coup de sifflet, un clin d\u2019\u0153il au \u00ab Port de l\u2019angoisse \u00bb\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Outre Adamsberg, quel plaisir de retrouver ses compagnons, Adrien Danglard, son adjoint principal, son exact oppos\u00e9, rigoureux, une encyclop\u00e9die vivante souvent sceptique face aux intuitions de son chef.<\/p>\n\n\n\n<p>Revoici aussi l\u2019enqu\u00eatrice Violette Retancourt, la force tranquille de la brigade, Louis Veyrenc de Bilhc, le po\u00e9tique. Et, pour cet ouvrage, une nouvelle recrue : un aristocrate tout droit sorti de l\u2019univers de Proust, dont le chien Anselme n\u2019aime rien tant que d\u00e9f\u00e9quer devant le portail de la brigade.<\/p>\n\n\n\n<p>Extrait : <\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vous avez regard\u00e9 les photos, Danglard ? De la sc\u00e8ne du crime ? demanda Adamsberg.<br>&#8211; Cela va de soi.<br>&#8211; Et donc ? Cela vous dit quelque chose ? Parce qu&rsquo;\u00e0 moi, oui.<br>&#8211; Tiens. Et cela vous raconte quoi ?<br>&#8211; Mais justement, rien. C&rsquo;est quelque chose que je ne sais pas alors que cela me dit quelque chose. Donc ?<br>&#8211; Aucune id\u00e9e.<br>&#8211; Faites un effort, nom d&rsquo;un chien.<br>&#8211; D\u00e9sol\u00e9, commissaire, dit Danglard avec une pointe d&rsquo;indiff\u00e9rence.<br>&#8211; Bien. R\u00e9union pl\u00e9ni\u00e8re dans quinze minutes. Il nous faut comprendre.<br>&#8211; Comprendre quoi ?<br>&#8211; Mais le quelque chose, commandant. On commence par l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Roman addictif, dr\u00f4le, po\u00e9tique, un tantinet d\u00e9suet, intelligent, cette \u00ab Unique lueur \u00bb est une p\u00e9pite \u00e0 lire d\u2019urgence.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Temps de lecture : 3 minutes Trois ans apr\u00e8s Sur la dalle , qui avait pu laisser certains lecteurs sur le bord du chemin, la reine du \u00ab rompol \u00bb, le roman policier o\u00f9 l\u2019enqu\u00eate polici\u00e8re se frotte \u00e0 l\u2019humour, \u00e0 la po\u00e9sie et au saugrenu, publie ce mercredi 8 avril chez Flammarion \u00ab Une [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1387,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-1385","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ici-et-ailleurs"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/HZEJAGII5BGXZM4FKDLFEO6BEU.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_likes_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1385","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1385"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1385\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1400,"href":"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1385\/revisions\/1400"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1387"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1385"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1385"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1385"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}