{"id":1024,"date":"2025-10-26T21:46:01","date_gmt":"2025-10-26T20:46:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/?p=1024"},"modified":"2025-10-26T22:00:31","modified_gmt":"2025-10-26T21:00:31","slug":"nouvelle-parce-que-tout-passe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/?p=1024","title":{"rendered":"Nouvelle : Parce que tout passe (1)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Bonjour ! <\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Je republie une nouvelle que j&rsquo;avais \u00e9crite pour mon ancien blog, peu s&rsquo;en souviennent et depuis lors de nombreux lecteurs nous ont rejoints<\/strong>. <\/em><strong><em>Mais cette fois j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de construire un r\u00e9cit en plusieurs chapitres, \u00e0 la mani\u00e8re des romans feuilletons. Ainsi dans quelque temps, vous saurez la suite de cette histoire. <\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>(temps de lecture : 10mn)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/art-black-and-white-black-and-white-21264-scaled-1-1024x682.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1025\" srcset=\"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/art-black-and-white-black-and-white-21264-scaled-1-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/art-black-and-white-black-and-white-21264-scaled-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/art-black-and-white-black-and-white-21264-scaled-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/art-black-and-white-black-and-white-21264-scaled-1-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/art-black-and-white-black-and-white-21264-scaled-1-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Cela faisait plusieurs mois que Paul avait quitt\u00e9 Hortense. Deux ann\u00e9es d\u2019un bonheur presque parfait avaient \u00e9t\u00e9 gomm\u00e9es en une phrase : \u00ab&nbsp;J\u2019ai rencontr\u00e9 quelqu\u2019un d\u2019autre, je suis amoureux, je te quitte&nbsp;\u00bb. Trois propositions pour une fin de non recevoir. Hortense s\u2019\u00e9tait tenue \u00e0 la commode de l\u2019entr\u00e9e, tout avait vacill\u00e9 autour d\u2019elle tandis que dans la pi\u00e8ce \u00e0 c\u00f4t\u00e9 les couples dansaient, riaient, parlaient. Il \u00e9tait parti sans se retourner, un peu th\u00e9\u00e2tral tout de m\u00eame avait-elle pens\u00e9&nbsp;&nbsp;tandis que le miroir lui renvoyait un visage de cinquantenaire d\u00e9vast\u00e9 .<\/p>\n\n\n\n<p>Il avait fallu affronter ensuite les autres, tous les autres de la soir\u00e9e, affronter leur&nbsp;&nbsp;bienveillance feinte parfois, leur pseudo empathie. Hortense avait bu ce soir l\u00e0, beaucoup,&nbsp;&nbsp;fum\u00e9 aussi et puis elle \u00e9tait rentr\u00e9e. Plut\u00f4t on l\u2019avait raccompagn\u00e9e. Qui ? Elle n\u2019en avait aucun souvenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jours d\u2019apr\u00e8s elle s\u2019\u00e9tait \u00e9vertu\u00e9e \u00e0 remonter la pente, s\u2019\u00e9tait noy\u00e9e&nbsp;&nbsp;dans les activit\u00e9s, le travail, jusqu\u2019\u00e0 en \u00eatre \u00e9puis\u00e9e de fatigue . Les semaines \u00e9taient pass\u00e9es. Elle avait peu \u00e0 peu appris \u00e0 vivre sans Paul, sans ses appels, sa pr\u00e9sence m\u00eame dans cette distance g\u00e9ographique&nbsp;&nbsp;qu\u2019ils avaient choisie : ne pas vivre sous le m\u00eame toit&nbsp;&nbsp;leur semblait alors comme une mani\u00e8re d\u2019entretenir la flamme de leurs retrouvailles hebdomadaires. Les week-end, ils les passaient ensemble dans des passions communes : les expos, cin\u00e9, restaurant. Rien d\u2019extraordinaire mais des rendez-vous qui chaque fois les confortaient dans cette id\u00e9e que l\u2019histoire se construisait.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle s\u2019\u00e9tait reprise en main, s\u2019\u00e9tait trouv\u00e9e r\u00e9siliente au final.&nbsp;Une forme de paix avait pris la place de l\u2019angoisse de l\u2019abandon. Pas une seconde elle n\u2019avait cherch\u00e9 qui pouvait l\u2019avoir remplac\u00e9e dans le coeur de cet homme qu\u2019elle avait tant aim\u00e9. Cette curiosit\u00e9 l\u00e0 aurait ajout\u00e9 \u00e0 sa peine, l\u2019entrainant dans une d\u00e9r\u00e9liction \u00e0 laquelle tout son \u00eatre voulait r\u00e9sister.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques hommes avaient crois\u00e9 son chemin, rencontr\u00e9s par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019un site sur lequel elle s\u2019\u00e9tait inscrite. Leurs regards sur elle l\u2019avaient confort\u00e9e dans cette id\u00e9e qu\u2019elle pouvait encore s\u00e9duire. Elle avait fait&nbsp;&nbsp;l\u2019amour de nouveau, comme une mani\u00e8re de se r\u00e9concilier avec son corps, de sentir un homme contre elle, s\u2019en \u00e9tait sentie apais\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s son travail elle avait pris l\u2019habitude de trainer dans Paris et elle qui, habituellement \u00e9tait si peu d\u00e9pensi\u00e8re, s\u2019\u00e9tait offert plusieurs petites robes qui lui donnaient une allure plus f\u00e9minine que ses traditionnels tailleurs pantalons. Un coll\u00e8gue de bureau lui avait m\u00eame fait la remarque : elle \u00e9tait tr\u00e8s s\u00e9duisante ces temps ci, l\u2019amour lui r\u00e9ussissait. Elle avait souri de ce sourire que Paul aimait tant, dont il ne semblait pouvoir se passer du temps o\u00f9 il l\u2019aimait.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"960\" height=\"960\" src=\"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/19554281_126527667941377_8525878851409864807_n.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1026\" srcset=\"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/19554281_126527667941377_8525878851409864807_n.jpg 960w, https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/19554281_126527667941377_8525878851409864807_n-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/19554281_126527667941377_8525878851409864807_n-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/19554281_126527667941377_8525878851409864807_n-768x768.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Leurs amis communs continuaient \u00e0 l\u2019inviter. Aucune allusion n\u2019\u00e9tait faite \u00e0 son histoire avec Paul. Elle \u00e9tait devenue une femme seule, comme un \u00e9tat d\u00e9finitif,&nbsp;&nbsp;on ne l\u2019interrogeait pas sur sa vie sentimentale.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le printemps \u00e9tait arriv\u00e9 apr\u00e8s un interminable hiver, les soir\u00e9es commen\u00e7aient \u00e0 s\u2019allonger, encourageant les d\u00eeners en terrasse, les repas festifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi ne fut-elle pas surprise lorsqu\u2019un soir Isabelle l\u2019appela pour l\u2019inviter le samedi qui suivait \u00e0 une soir\u00e9e blanche dans leur magnifique maison d\u2019Arles. Une mani\u00e8re de f\u00eater l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>_ \u00ab&nbsp;Je pense inviter&nbsp;Paul et son amie, Sophia, il y a prescription depuis le temps. Qu\u2019en penses-tu ? Si cela te g\u00eane, il va de soi, que je ne le ferai pas. Tu sais Hortense que nous tenons surtout \u00e0 ta pr\u00e9sence, Henri et moi. Dis moi ce que tu en penses \u2026.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Hortense se tut quelques secondes et elle s\u2019entendit dire que, en effet, cela ne lui semblait pas poser probl\u00e8me et puis elle raccrocha pr\u00e9textant un appel simultan\u00e9 sur son t\u00e9l\u00e9phone fixe.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Paul et Sophia.<\/strong>&nbsp;Bien s\u00fbr qu\u2019elle voyait tr\u00e8s bien qui \u00e9tait Sophia. Une magnifique brune d\u2019origine italienne qu\u2019ils avaient crois\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises dans des vernissages. Elle tenait une galerie rue du Bac dans le 6 \u00e8me. C\u2019\u00e9tait donc elle, ce grand amour que Paul avait rencontr\u00e9. Hortense se sentit tout \u00e0 la fois soulag\u00e9e de mettre un nom et un visage sur celle qui lui avait vol\u00e9 Paul et immens\u00e9ment triste de cette r\u00e9alit\u00e9 que prenait ce couple tant l\u2019image de Paul pr\u00e8s de Sophia devenait palpable, visible, une \u00e9vidence.<br>Aussi brune qu\u2019elle \u00e9tait blonde, aussi extravertie qu\u2019elle pouvait \u00eatre discr\u00e8te voire timide. Sophia \u00e9tait l\u2019arch\u00e9type de la femme que tout homme r\u00eave d\u2019avoir dans sa vie. El\u00e9gante, mince et bronz\u00e9e d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de l\u2019ann\u00e9e, elle \u00e9tait \u00e9galement cultiv\u00e9e et savait animer les soir\u00e9es comme personne. Chaque vernissage dans sa galerie avait \u00e9t\u00e9 une f\u00eate et pour elle l\u2019occasion de briller. Elle en \u00e9tait m\u00eame venue parfois \u00e0 occulter la pr\u00e9sence de l\u2019artiste dont on inaugurait l\u2019exposition ; cela avait \u00e9t\u00e9 pour Paul et Hortense un motif de plaisanterie.&nbsp;&nbsp;Comment ne s\u2019\u00e9tait-elle pas rendu compte que Paul \u00e9tait attir\u00e9e par cette femme ?&nbsp;&nbsp;Comment avait-elle pu \u00eatre aveugle \u00e0 ce point ? Aucun homme ne pouvait r\u00e9sister \u00e0 Sophia, \u00e9videmment.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jours qui suivirent s\u2019\u00e9ternisaient.<\/p>\n\n\n\n<p>La gare de Lyon, le train pour Arles.<\/p>\n\n\n\n<p>Le samedi dans sa chambre du NORD PINUS, Hortense se maquilla soigneusement, tira ses cheveux dans un chignon qui d\u00e9gageait sa nuque, enfila une robe Tara Jarmon qu\u2019elle choisit pour sa sobri\u00e9t\u00e9. Une paire d\u2019escarpins beiges.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque, le coeur battant fort, elle sonna chez Isabelle, la f\u00eate \u00e9tait commenc\u00e9e depuis quelques heures. Elle embrassa les amis qui venaient vers elle, la f\u00e9licitaient pour son \u00e9l\u00e9gance. Paul discutait pr\u00e8s du buffet avec un homme qu\u2019elle ne connaissait pas. Il lui fit un petit signe de la t\u00eate auquel elle r\u00e9pondit de la m\u00eame fa\u00e7on. La musique des ann\u00e9es 60 emplissait le salon . Quelques invit\u00e9s \u00e9taient sur la terrasse. Elle s\u2019approcha prise d\u2019un besoin de respirer mieux, plus fort. Sophia \u00e9tait l\u00e0, riait aux \u00e9clats&nbsp;&nbsp;et monopolisait l\u2019attention de tout un groupe d\u2019hommes autour d\u2019elle. Elle \u00e9tait terriblement s\u00e9duisante. Un large d\u00e9collet\u00e9 laissait voir tout son dos, sa peau scintillait de paillettes . Nux, pensa Hortense.<\/p>\n\n\n\n<p>Vincent,&nbsp;&nbsp;rencontr\u00e9 quelques fois dans la galerie de Sophia vint discuter avec Hortense.&nbsp;&nbsp;Encore bel homme malgr\u00e9 ses soixante ans, il sembla \u00e0 Hortense plus affable qu\u2019il ne l\u2019avait \u00e9t\u00e9 jusque l\u00e0 avec elle, sans doute mesurait-il la difficult\u00e9 dans laquelle elle se trouvait, ou l\u2019imaginait-il et cherchait-il par l\u00e0 \u00e0 l\u2019amener vers une sorte de r\u00e9confort dans une s\u00e9duction qu\u2019il voulait authentique. Ils discut\u00e8rent quelque minutes ensemble autant que la musique leur permettait de s\u2019entendre.<\/p>\n\n\n\n<p>Hortense avait d\u00e9cid\u00e9 de rentrer t\u00f4t. Son d\u00e9part ne devait pas avoir l\u2019air d\u2019une fuite aussi fit-elle en sorte de s\u2019\u00e9clipser discr\u00e8tement du salon o\u00f9 se trouvait la majorit\u00e9 des invit\u00e9s. Un d\u00e9tour par le petit salon plus intime allait lui servir de sas en quelque sorte pour partir sans \u00eatre vue.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme elle s\u2019approchait de la pi\u00e8ce,&nbsp;&nbsp;une sorte d\u2019alc\u00f4ve plus qu\u2019un salon, elle entendit distinctement deux voix qu\u2019elle reconnut comme \u00e9tant celles de Paul et Sophia\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 \u00ab&nbsp;J\u2019ai rencontr\u00e9 quelqu\u2019un d\u2019autre, je suis amoureuse, je te quitte&nbsp;\u00bb. C\u2019\u00e9tait Sophia qui parlait. Le ton \u00e9tait dur et sans appel.<\/p>\n\n\n\n<p>Hortense s\u2019effa\u00e7a dans l\u2019encoignure de la porte. Sophia sortit et Hortense vit alors Paul, le pauvre Paul, le regard perdu, prostr\u00e9 dans un fauteuil Louis XV.<\/p>\n\n\n\n<p>La nuit \u00e9tait douce dans le Sud, elle marcha longtemps, un sentiment de libert\u00e9 en elle grandissait.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Paris-woman-crossing-street-contrasted-light-1024x683.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-1029\" srcset=\"https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Paris-woman-crossing-street-contrasted-light-1024x683.webp 1024w, https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Paris-woman-crossing-street-contrasted-light-300x200.webp 300w, https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Paris-woman-crossing-street-contrasted-light-768x512.webp 768w, https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Paris-woman-crossing-street-contrasted-light-1536x1024.webp 1536w, https:\/\/www.mezzogiorno.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Paris-woman-crossing-street-contrasted-light-2048x1366.webp 2048w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>(\u00e0 suivre)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bonjour ! 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