Tous des funambules ?

(temps de lecture 3mn)

La vie nous malmène parfois, nous bouscule, joue avec nous, nous fait vivre le grand huit des émotions. De toutvabien en toutvamal, les instants oscillent. Plus légèrement parfois dans ce qui nous confronte à des choix, des choix sentimentaux, professionnels, amicaux, mais aussi des choix de phrases, de mots pour peu qu’on ait le temps de la réflexion, des choix de routes à suivre, de chemins de traverse, des décisions à prendre.

Sommes nous alors des funambules dans la recherche constante de l’équilibre ? Je me souviens d’un ami qui m’est cher et se reconnaîtra qui dit de moi que je suis cette funambule, que j’oscille sans tomber, soucieuse de toujours avancer. C’est un joli compliment.

Or il me semble qu’il n’est pas question de garder l’équilibre, que ce n’est pas ce qui nous anime ce point là d’équilibre mais justement le contraire.

Comme un funambule que je suis et que très certainement, vous qui me lisez, êtes aussi, pour peu que chacun en ait la conscience, ce qui nous anime donc c’est de jouer entre tous ces déséquilibres constants.

Si on avance sur le cable de nos vies, c’est parce que nous parvenons à maitriser ces déséquilibres.

Bien sûr qu’il arrive que nous tombions, de haut parfois comme le souligne l’expression consacrée mais pour autant nous nous reprenons, au besoin en nous faisant accompagner et avançons entre les abîmes.

Si nous cherchons uniquement à être en équilibre, il me semble que c’est là que nous tombons.

Ce paradoxe est matérialisé de façon métaphorique par le balancier que le funambule tient en main qui amplifie les déséquilibres pour mieux lui permettre de rester sur le cable.

Chaque situation que nous vivons où nous ressentons ce sentiment de la traversée sur un fil est unique car les conditions extérieures varient et que la consistance du cable change selon la tension.

Ainsi ressentirons nous différemment un cheminement d’ordre sentimental à des moments donnés de nos existences car les enjeux sont autres.

Il s’agit donc de provoquer les bons déséquilibres et pour cela la philosophie nous aide en nous permettant de modifier nos angles de vue, ceux qui vont nous permettre d’avancer et de nous concentrer sur le point unique, le point d’arrivée, sans jamais nous laisser distraire et en nous faisant confiance

Car :

A chaque pas, à chaque déséquilibre, notre corps, notre tête, nos émotions… se rappellent comment contrebalancer cette perte d’équilibre pour donner l’élan nécessaire au pas suivant, écoutons les, soyons attentifs et vigilants.

Je crois que chacun peut trouver en soi une dynamique qui lui colle à la peau, qui lui permet de reprendre l’élan nécessaire pour le pas suivant, qui lui permet de calmer sa respiration pour reprendre son souffle, de savoir où poser le regard pour le(s) pas suivant(s), de se recentrer sur l’essentiel pour atteindre l’autre rive, de vivre ce qui au fond ne sont que des transitions. Tout n’est qu’affaire d’objectifs vers lesquels tendre.


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