Débranche, débranche tout !

Possible de vivre l’instant présent uniquement ? De débrancher ? Qu’est ce que cet instant présent ? Est-ce là la voie unique vers une plus grande conscience du temps qui passe, augmentée encore l’âge aidant ?


On voit aujourd’hui se développer des philosophies comme le « mindfulness » (méditation pleine conscience),  être là dans ce que je fais, totalement présent

Je bois mon capuccino le matin et je ne fais rien d’autre que cela, je me concentre sur ce moment et je le savoure. Je mange, je bavarde avec une amie, je ne suis que dans l’acte présent. C’est là quelque chose qu’il nous est possible de faire, matériellement déjà : couper son téléphone, éloigner de son esprit les bruits et sollicitations extérieures, oublier le temps des horloges.

Or, alors même que je crois  pouvoir maitriser mes pensées, je surprends  mon esprit en train de divaguer sur la coiffure de mon amie pendant que nous bavardons.

Ce « maintenant » semble bien rester une quête insaisissable tant nos cogitations restent omniprésentes. 

L’instant présent ne serait alors  qu’une illusion ?

Si je veux profiter de l’instant, en  jouir au maximum il me faut départager ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas. Tout ce qui ne dépend pas de moi doit me laisser indifférente, ce qui dépend de moi est ce que je pense, c’est là dessus qu’il faut travailler si nous voulons accroitre notre jouissance au monde, entrer en résonance avec lui.

Marc Aurèle n’aurait pas dit autre.


Aussi ne faut-il pas reconsidérer le conseil du « carpe diem » , cueillir le moment présent, et considérer plutôt notre façon de vivre ouverte sur le passé et  sur le futur ?


Comme Proust faisait ressurgir tout un univers de souvenirs en dégustant la petite madeleine dans son café, n’est-il pas plus sage de  préférer au « carpe diem »  une « coprésence »  où passé, présent et futur semblent être là simultanément, ensemble. Entrer en relation avec notre environnement, en résonance avec la nature, l’art, l’histoire c’est s’ouvrir au monde, se laisser pénétrer par des sensations c’est éviter de se barricader dans un temps présent dont on aurait chassé les souvenirs et toutes formes d’attentes futures. 

Ouvrons nous donc à cette coprésence, présence au monde.
 


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