J’ai fait des concessions. Beaucoup.
Parfois même, elles ressemblaient davantage à des sacrifices. J’ai changé mes habitudes, déplacé mes priorités, accepté ce qui ne me convenait pas tout à fait, convaincue que c’était le prix à payer pour qu’une relation puisse durer.
Et, sur le moment, cela fonctionnait.
Il faut bien reconnaître que l’autre aussi a dû en faire. Une relation n’est pas un compte d’apothicaire et je n’ai certainement pas été la seule à bouger. Il y a eu des compromis des deux côtés, des petits pas vers l’autre, des arrangements qui permettaient à deux personnes différentes de vivre ensemble.
Mais parfois, avec le temps, on se retourne et l’on constate que l’on a beaucoup bougé. Et que cela n’a pas empêché l’autre de se crapahuter hors de notre vie.
Alors on se demande : à quoi bon ?
Je ne regrette pourtant pas mes concessions. Elles avaient leur raison d’être au moment où je les ai faites. Elles ont permis des moments heureux, évité des conflits, parfois même sauvé une histoire pour un temps.
Mais j’ai fini par comprendre qu’une concession n’est pas une assurance-vie. Elle ne garantit ni l’amour, ni la fidélité, ni la durée.
Et surtout, elle ne devrait pas devenir une manière de se modeler pour être aimé.
Car c’est peut-être là que le piège commence : modifier ses goûts, ses habitudes, sa façon d’être, arrondir les angles, devenir un peu moins soi et un peu plus ce que l’autre semble attendre.
Je ne crois plus beaucoup à cela.
Je peux faire une place à l’autre sans lui céder ma place. Je peux changer d’avis, faire plaisir, m’adapter. Mais je ne veux plus me transformer pour être choisie.
Alors oui, je resterai fidèle à ma ligne de conduite. Non pas par rigidité, mais parce que j’ai enfin compris qu’on peut avancer l’un vers l’autre sans que l’un des deux ait à parcourir tout le chemin.
Et puis, finalement, peut-être que la meilleure règle est celle-ci :
« Soyez vous-même, tous les autres sont déjà pris. » Oscar Wilde
