En ce moment c’est une période difficile, vous l’aurez compris, ma maman va mal. Totale impuissance dans ces moments là en dehors de l’entourer dans mes visites de mon amour mais de sentir que même cela lui échappe, ne suffit pas à donner de l’énergie vers un minimum d’autonomie.
Alors je rentre chez moi le coeur à l’envers même si mes fils sont attentifs et présents à leur manière, de près ou de plus loin.
L’autre jour je me suis ainsi mise à fouiller ma « boite à secrets », une boite dans laquelle j’ai les mots de mes enfants bien sûr, si tendres, des lettres parfois et les mots d’amoureux du temps où les textos n’existaient pas. Je me surprends à penser combien j’ai existé si fort pour ces hommes qui ont traversé ma vie. Longtemps parfois. Parfois même dans le mariage. Je retrouve les mots de l’amour, la saveur de l’écrit du papier qui n’a pas jauni, je m’interroge parfois sur le sens de certaines phrases qui renvoient à des moments que j’ai oubliés.
Je lis partout de l’amour. C’est vrai que l’amour est toujours identique, le sentiment, les gestes mais je retrouve à chaque fois une qualité de la relation, une intimité de la connaissance de l’autre.
Ce n’est plus ma « boite à secrets » c’est ma boite d’amours. Il est alors si tentant de céder à la nostalgie, de se refaire l’histoire, les histoires.
Je réalise que l’amour n’est plus une priorité dans ma vie et que j’ai tort, qu’il doit devenir l’absolue priorité sans laquelle plus rien n’a de saveur. Que j’ai besoin de m’ éloigner de temps à autre d’un présent douloureux pour me remplir de la pensée d’un amour, recevoir des textos à lire en tremblant, s’embrasser sous la lune, le 12 tiens puisqu’il y aura cette fameuse éclipse, que j’ai besoin de ne pas dormir non pas parce que le chagrin de perdre peu à peu ma mère est là mais parce que j’aurai des bras qui me cherchent et me consolent, que j’ai besoin de retrouver ces moments dont la trace est là sous mes yeux car j’ai été cette femme, tant aimée et qui aimait si fort.
Voilà c’est de ça dont j’ai besoin. Il me fallait l’écrire pour le réaliser. Il me faut faire confiance au cycle de la vie. Ce sera ça mon cadeau d’anniversaire à moi- même dans quelques jours.
