Vannes, La Cohue

Chaque fois que je viens en Bretagne, je ne manque pas une visite à la Cohue, centre d’art qui propose une expo temporaire à côté du fond permanent.

A présent c’est ma petite fille Celeste qui m’entraîne dans ce parcours obligé.

Donc hier l’émerveillement était doublé de ce plaisir de voir Celeste regarder.

L’objectif est le fond Geneviève Asse. Qui est elle ? En quoi sa peinture est elle aussi intéressante, émouvante, sobre et diserte ?

Les mots tout d’abord . En 1992, Geneviève fait l’acquisition d’une maison sur l’île aux Moines :

« En y arrivant, j’aperçus tout de suite cette maison, dite de capitaine au long cours, comme abandonnée. On y découvrait de superbes camélias à travers la grille, qui m’enchantèrent ainsi que ce jardin caché. Je fus heureuse de restaurer la maison en la laissant comme elle était. c’est-à-dire sans toucher aux petites pièces, aux cheminées, aux parquets, à cette simplicité qui était la sienne et qui m’avait conquise « .

Et c’est justement cette simplicité de l’émotion traduite, apparente simplicité des toiles, de la maniere de travailler la matière, cette derive vers l’essentiel voire l’essence qui m’ont séduite.

Il est question de bleu dans une uniformité de surface qui met en evidence un trait qu’on pourrait penser posé là de façon aléatoire, le bleu de la mer, celui du ciel, un bleu gris parfois, un bleu de lumière, des bleus qui se côtoient et se fondent, des émotions, des diptyques et des triptyques et plus encore, de la lumiere à la pelle, les ciels changeants du golfe du Morbihan. On avance, on se tourne, se retourne et la mer vient à soi, le regard se perd, s’engloutit.

C’est peu à peu que Geneviève arrive à l’abstrait. On voit les objets de ses natures mortes disparaître progressivement dans la toile comme s’enfoncer en elle.

Présente dans les plus grands musées Geneviève Asse fait partie de ces artistes qui nous changent un peu, nous et notre regard sur l’art et les éléments naturels.

Voir la vie en bleu : une belle idée. On ne peut s’empêcher de penser à Soulages et ses noirs évidemment.


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