Je tombe sur un post d’un photographe qui a refusé Les rencontres de la photo d’Arles, le lieu où les photographes se montrent, donnent de l’image, s’exposent. Il explique préférer la marge, comment le lieu même et l’événement oriente déjà le regard. On devine ce qui sera montré, ce qui circulera et on se surprend à composer avec cet horizon sans même y entrer.
Il en va de même pour ce qui me concerne du festival de théâtre d’Avignon. Désormais je fuis parce que je sais peu ou prou ce à quoi m’attendre.
Je préfère la marge. Une liberté. J’y respire mieux loin de la foule, je n’ai plus à courir dans la chaleur suffocante des ruelles, assise sur des sièges à l’équilibre précaire, dans des salles où » l’exit » n’existe pas. Exit de secours j’entends.
Je ne souffre plus dans mon empathie naturelle de mesurer le travail en amont et sur scène. Je verrai plus tard, ailleurs, ce qui méritera d’être vu.
Quelle drôle d’idée que de penser que l’art aurait besoin d’une période, d’une ville pour exister. Que dans ce laps de temps d’un mois tout ce qui se fait doit se montrer jusqu’à l’ecoeurement.
De même je n’ai jamais pu visiter une exposition dans son entierté. Je souffre d’une saturation du beau, du regard vers lui, vers le détail, très vite et me déplace, des centaines de kilomètres parfois pour une œuvre unique.
L’art n’a pas besoin de ces grands- messes pour recevoir son certificat d’existence.
Il y a toujours un moment où qu’on le cherche ou non, pourvu qu’on soit curieux et ouvert où il vient à nous.
L’art est comme une rencontre amoureuse, il nous saisit par surprise, nous bouscule, nous happe et plus jamais on ne sera pareil. Dans ce mystère là.
