Il existe une tendance à associer l’amélioration de l’existence au fait d’avoir plus, d’ajouter des choses à sa vie.
Par exemple, si on propose un voyage organisé d’une journée et qu’on demande aux gens comment améliorer cette offre touristique, ils cherchent spontanément à ajouter des activités, non à en retrancher. Cette tendance se traduit par l’excès de réglementation et de bureaucratie dans les organisations, par des agendas trop pleins, par de la thésaurisation irrationnelle, par des caves et des greniers trop remplis.
Dans une autre expérience, on propose de se mettre à la place d’un directeur de minigolf. Et on demande aux personnes d’imaginer un moyen d’améliorer les installations, sans dépenser pour cela beaucoup d’argent. On leur explique aussi qu’ils ont le droit d’enlever des éléments dans les parcours. Là encore, ils ont beaucoup plus d’idées pour ajouter des équipements que pour supprimer des décorations ou des obstacles inutiles.
J’ai eu autrefois un atelier d’écriture quand j’habitais Grenoble et lorsque je demandais aux participants d’améliorer leur texte, naturellement ils songeaient à faire des ajouts et non à alléger leur prose.
Il s’agit là d’exemples peut être anecdotiques mais si on y réfléchit d’un peu plus près, c’est aussi le cas dans des instances de pouvoir, dans la justification de nombreuses guerres etc.
Ainsi confrontés à un problème dans la sphère professionnelle ou privée, il existe peut-être des solutions soustractives, mais il est probable que vous ne les envisagiez même pas.
Peur de manquer ? Problème lié à la culture ? (les asiatiques semblent moins affectés que les occidentaux ), civilisation capitaliste ?
Quelque soit la cause, l’accumulation n’est pas soutenable indéfiniment comme l’écrit Saint Exupéry dans Le petit prince : » la perfection n’est pas atteinte quand il n’y a plus rien à ajouter mais quand il n’y a plus rien à enlever ».
Ce doit être le mantra des clubs naturistes 🙂 mais je m’égare 😉
