J’ai vu La Venus Electrique, le soir où le film a été projeté à Cannes. J’ai adoré cette comédie romantique, folle, ces mélanges des genres, ce rythme soutenu, ces attentes de spectateurs avec lesquelles le réalisateur Pierre Salvadori joue, bref, tout.
Mais ce n’est pas ce dont je veux parler ici aujourd’hui. C’est de la création, du processus créatif, l’un des aspects forts du film soit de façon directe, soit au travers de mises en abyme.
Bouleversé par le décès de son épouse, Antoine, peintre reconnu, n’arrive plus à peindre, n’en a plus le goût, le désir, se réfugie dans l’alcool et la déglingue.
Or justement il en va là d’une réflexion sur le geste créateur. Réflexion qui m’appartient car le film est avant tout une comédie (même si la comédie ne fait pas seulement rire mais pose de vrais sujets de société ou autre, comme on le voit chez Molière pour prendre un exemple connu de tous).
Qu’est ce qui motive l’art ? Les arcanes de la création peuvent recéler une part mystérieuse, obscure, pré-humaine, qui échappe au spectateur si ce n’est au créateur lui-même. L’artiste est-il maître de sa création ou le jouet de forces supérieures ? C’est là le questionnement de Platon, c’est aussi partiellement le propos du film.
Ou bien l’art, le processus créatif est il le fruit d’un improvisateur inspiré, d’un artisan acharné qui se conforme à une discipline et à des règles très strictes ?
Crée-t-il, cet artiste, par nécessité ou grâce à l’incitation que lui procurent une éducation, un milieu, un soutien financier ?
La Venus Electrique nous parle au fond de tout cela . Qui tire les ficelles de la création artistique ? Le cinéaste ausculte ici les soubresauts de la création et ce pendant mystique de l’inspiration.
Un bon film qui détend, fait rire, surprend et peut donner à penser.
