Erotisme de Bonnard

« Vous ne pouvez jamais prendre trop de soin à choisir vos chaussures. Trop de femmes pensent que ça n’a pas d’importance, mais la véritable preuve de l’élégance d’une femme se trouve dans ses souliers. » Christian Dior

Quand on pense à Bonnard, on associe de suite son modèle préféré : Marthe sa femme, au passé trouble, qu’il épousera sur le tard. Bien mystérieuse Marthe qui se mettra aussi à la peinture. Je vous invite si cette femme vous intéresse à lire « L’indolente » de Françoise Cloarec.

Mais aujourd’hui après une énième visite au Musée Bonnard du Cannet, une observation attentive des tableaux et évidemment des nus, essentiellement Marthe, je suis étonnée de voir que bien que nue, Marthe porte quasiment toujours des chaussures.

De là à dire que Bonnard est un fétichiste, c’est un raccourci que je ne prendrai pas. En revanche, elles sont troublantes ces silhouettes de Marthe qu’il représentera toujours jeune et chaussée d’escarpins, de chaussures à talons. Marthe au miroir, Cabinet de toilette, la mule verte etc

J’avance dans l’exposition. J’adore ce musée et Bonnard conséquemment. J’observe la manière dont Bonnard « laisse les couleurs faire l’amour entre elles ».

Ce sont ces couleurs qui doucement nous emportent  vers cette femme, qui, sur la pointe des pieds se parfume et donne aux intérieurs, comme une odeur printanière. Je suis la silhouette longiligne, nue, élancée. Le regard glisse sur se ses jambes jusqu’à arriver à la pointe de ses pieds cachés par des escarpins, semi dissimulés plutôt pour laisser entrevoir la peau.

Ce qui paraissait être un détail au début de l’exposition retient peu à peu toute l’attention. 

Un léger dénivelé, une forme ovale et pointue de couleur noir bleuté. La ligne simple et raffinée,  les chaussures recouvrent le pied jusqu’à la naissance des orteils, laissant apparaitre le dos du pied et la cheville voire sont portées négligemment en équilibre sur les orteils.

Un souci d’élégance que ces postures ? Oui , le dos se cambre magnifiquement, les mollets forment une belle courbe, la jambe est fine.

Adoration infinie de Pierre Bonnard pour celle qui partage sa vie, sensible dans l’ensemble de l’oeuvre (plus de mille tableaux sont consacrés à Marthe Bonnard)


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