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Si il y a une question qui m’agace c’est « Comment peux-tu être aussi naïve » ?
Ce que j’aime dans la naïvité c’est qu’elle renvoie à l’enfance en occultant le sens caché des choses. En grandissant, en vieillissant même on se plaît à chercher ce sens occulte des choses. La naïveté répond à une manière d’aborder le monde sans à priori. Il n’y a pas d’écart entre les choses et notre manière de les percevoir.
Bien sûr que tout cela renvoie à l’enfance. Le Douanier Rousseau dont j’ai eu le plaisir récemment de voir l’expo qui lui est consacrée à Paris, au Musée de l’Orangerie, ne nous parle pas d’autre chose.
La naïveté de Rousseau ramène à l’enfance : les proportions non respectées miment les dessins des bambins ; les décors aplatis empilent les niveaux comme dans les théâtres miniatures ; les costumes évoquent carnaval ; les animaux attendrissent, même quand ils sont dangereux.
Nature d’un côté, vie urbaine de l’autre : bien qu’il soit avant tout connu pour ses décors de jungle aux feuillages naïfs, Henri Rousseau s’est toujours intéressé aux deux univers, prenant soin d’y glisser un mammifère quelconque (humain, tigre, ours, cheval, chien, biche…), comme posé là par hasard. Les classiques sont présents : La Charmeuse de serpents, La Guerre ou encore Le lion, ayant faim, se jette sur l’antilope (photo).
On admire dans l’exposition les soleils de feu cachés dans les roseaux, les p’tits singes amoureux qui jouent les Roméo et, grâce notamment aux prêts issus de la Fondation Barnes, des pans moins connus de son œuvre, comme des scènes historiques situées en 1871 ou des portraits d’amis endimanchés.
Alors « “Au clair de la lune, dans la forêt endormie, des ombres félines se dessinent par magie…” (La Compagnie Créole)
Et nous, spectateurs adultes, de nous émouvoir grâce à cette littéralité enfantine, que seul un artiste sait restituer.
A voir donc.
Bon week end à toutes et tous, à la semaine prochaine ! La semaine qui commencera pour moi mardi car je pars en long we, je vous parlerai de l’équilibre si difficile à trouver, de l’angoisse, d’amour bien sûr qui est essentiel à nos vies, et de l’évolution de ce meuble qui vit nos abandons : le lit.
