Des papillons dans le ventre ?

Et de deux, ce soir est une soirée prolifique sur mon blog mais cet écrit qui suit n’est pas de moi. C’est Marie Robert, professeur de philosophie, philosophe comme nous toutes et tous qui enseignons la philo… et ce texte je l’ai adoré, c’est bien simple. Donc je vous le livre

 » Ceci est une panne de courant. Il y a une confusion que beaucoup d’entre nous ont faite, au moins une fois : celle de prendre l’anxiété pour de l’amour. De confondre les noeuds dans le ventre avec les papillons. De croire que l’intensité des signaux d’alarme était la preuve que quelque chose d’important se passait. Et c’est compréhensible.

Parce que l’amour tel qu’on nous l’a raconté ressemble à ça : au trouble, à l’incertitude, à l’urgence. On nous a appris que l’amour fait mal, qu’il rend fou, qu’il déstabilise. Alors quand quelqu’un nous destabilise, on croit reconnaitre l’amour. Mais peut être que l’amour, le vrai, ressemble plutôt à une panne de courant. A ce moment où toute la mise en scène s’effondre, plus de lumière pour scruter, plus de décor pour impressionner, plus de performance possible. Juste deux êtres qui avancent à tâtons dans l’obscurité, et qui découvrent que l’obscurité ne fait pas peur. Spinoza disait que nous ne désirons pas les choses parce qu’elles sont bonnes pour nous, nous les croyons bonnes parce que nous les désirons. Nous avons peut être appris à désirer le chaos, parce que le chaos nous est familier, parce qu’on avait grandi dans cette idée que l’amour devait se mériter, s’arracher, se prouver. Alors quand quelqu’un arrive et ne réveille pas notre instinct de survie, quand quelqu’un ne répond pas à nos messages, s’intègre à notre vie sans l’étriquer, reste dans le capharnaüm sans demander d’explications, on ne sait pas très bien quoi en faire.

On cherche le piège, on attend la tempête. Mais la tempête ne vient pas. Et c’est peut être ça la maturité amoureuse, comprendre que la sérénité n’est pas l’absence d’amour. Que le calme n’est pas l’ennui. Que quelqu’un qui ne vous met pas en danger peut quand même vous mettre en vie.

L’amour ce n’est pas une démonstration. C’est une panne de courant partagée dans laquelle on n’a plus besoin d’être parfait pour être vu. Quelqu’un aux côtés de qui vous découvrez pour la première fois peut être que la sérénité et l’amour peuvent coexister.

Je vous souhaite ce moment où le décor s’effondre et où vous découvrez que vous n’avez pas besoin d’être parfait pour être pleinement aimé « .


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