On est bien loin du « je t’aime, moi non plus » . Je précise en quoi le titre est plagiat pour ceux auxquels ça aurait échappé. Qu’elle se nomme dispute, engueulade, débat, querelle, discorde que sais je, la dispute notamment au sein du couple, ou dans une relation proche : enfants, parents, amis est fréquente.
Qu’est ce à dire ? Philosophie Magazine en fait un dossier en ce mois d’avril qui ne commence pas encore à l’heure où j’écris mais pointe le bout de son bourgeon et de ses gazouillis d’oiseaux, des copulations en tous genres propres au printemps.
Faut-il mettre les différends sous le tapis ou au contraire laisser éclater ce qui dérange ?
Dans un monde violent avec des menaces politiques, géopolitiques, sociales on aimerait que les relations privées soient harmonieuses, exemptes de querelles, sereines.
Pourtant la dispute au sein du couple pour tout et rien peut être monnaie courante. Ainsi certains couples se disputent du matin au soir (éreintant vous pensez et vous avez raison) mais continuent à vivre ensemble et à s’aimer profondément.
Ainsi il y a des disputes qui éloignent et d’autres qui rapprochent.
Il en va là et ce me semble fondamental de ce qui n’a pas été réglé voire identifié chez chaque mis en cause dans la dispute.
Il en va donc là de problèmes personnels, d’angoisses, de traumas qui n’ont pas été résolus et ressurgissent au travers de ces querelles. Donc quelque chose de personnel, souvent inconscient qui va trouver en quelque sorte un « terrain de jeux » dans la dispute, une catharsis.
Au lieu de nous aider dans un recul intelligent à mettre le doigt sur nos failles, nos manquements, à les reconnaitre pour peu qu’ils soient identifiés, elle se transforme en un affrontement au contact de l’autre.
J’évoque évidemment ici les disputes récurrentes pour lesquelles il suffirait de se poser la question : Comment puis je apprendre de moi et quoi dans ces moments plutôt que répéter » C’est de ta faute, non la tienne, c’est toi qui …, non c’est toi qui… »
Gardons à l’esprit qu’un couple c’est trois : un plus un et la relation en sus.
Ce que l’autre nous reproche ne s’adresse donc pas forcément à nous mais peut être de soi à soi ou viser la nature même de la relation, qu’il appartient alors de modifier dans les limites de chacun.
L’amour n’est pas un long fleuve tranquille, qu’il s’agisse de l’amour pour son conjoint, pour ses enfants, parents etc. Il ne s’agit pas d’idéaliser l’amour. J’ai coutume de dire qu’un « couple c’est du boulot » !
Tant qu’on n’aura pas cherché ce que la dispute vous appelle à transformer en vous, elle reviendra identique. Nous vivons une époque qui glorifie celui qui ne baisse jamais la garde aussi y a t’il souvent un gagnant et un perdant dans la dispute. Qu’elle est stupide cette vision des rapports humains de proximité !
Il ne sert à rien de nier les disputes, je veux croire qu’elles sont saines si elles débouchent sur une véritable écoute de l’autre, sur la capacité à reconnaitre ses torts, à chercher à comprendre voire à interpréter l’irritation d’autrui.
Il y a une manière de traverser les disputes sans trop se faire de mal, mais pitié pas par textos interposés ! Notre époque a fabriqué là une véritable bombe qui tue tant de relations.
Et foin des bouderies et autres attitudes méprisantes qui n’apportent aucune eau au moulin.
