Le premier baiser, le dernier, les quelques secondes avant la foudre. Les notifications que l’on guette, la frénésie qui enivre, les caresses qui hypnotisent, les retrouvailles qui aveuglent, les tromperies médiocres, le frisson qui fait basculer, la lassitude du temps, la jalousie qui dévore, les disputes spectaculaires et épuisantes, la haine qui défigure, la complicité retrouvée, le coeur qui bat, l’appétit qui, lui, bat de l’aile, l’attente, l’attente, l’attente, les textos relus cent fois, ceux qui ne sont jamais lus, les souvenirs qui résistent, les mots durs, les mots tendres, les promesses, les toujours et les plus jamais, les rêves qui se correspondent, les passions qui remplissent les nuits, les larmes sur l’oreiller, les vêtements rendus, les cartons faits, les « à toi » et « à moi » mais plus « à nous », la conjugaison qui change, le « nous » qui disparait, les corps liés, les odeurs qui enivrent, les déclarations qui bouleversent, les surprises, la tragédie des adieux, les mots des autres, leur banalisation, ceux qui ne comprennent rien, le soleil et les ténèbres, les mains qui ne se quittent pas et les yeux avec, et puis tout qui se quitte, tout ce qu’on croyait éternel, pour toujours au moins, les déceptions qui étouffent, les renoncements qui n’en sont pas, les retrouvailles sur un quai de gare, le tout et jamais le rien, jamais.
La seule chose qui nous tient debout, la seule qui nous rappelle combien nous sommes vivants
« Tu es entré par hasard dans une vie dont je n’étais pas fier et de ce jour là quelque chose a commencé à changer ». Camus à Maria Casares.
Ne pas avoir peur de l’amour, jamais.
(Merci à la philosophe Sophie Galabru pour son essai « Nos dernières fois »)
