Ne souriez pas !

(temps de lecture : 2mn)

Photographe britannique contemporain, Martin Parr a le souci du détail. Parfois trash dans le traitement des sujets, il sait observer avec impertinence et humour, le monde qui nous entoure.

Né en 1952, Martin Parr grandit dans la banlieue londonienne. C’est en photographiant de la nourriture dans une boutique de Fish and Chips, à 16 ans qu’il se fait connaitre.

Il intègre ensuite l’École polytechnique de Manchester et y étudie la photographie, un domaine artistique qui est un peu en sommeil à cette époque en Angleterre. Le jeune homme est fasciné par l’observation de la vie contemporaine.

Le temps des loisirs, et plus largement l’économie du tourisme, sont des thèmes également récurrents dans son œuvre. Certains clichés témoignent d’une forme d’absurdité de la marche du monde. L’esthétique, ou l’inesthétique alimentaire le passionne également car la nourriture, et la manière de la consommer, sont aussi des marqueurs sociaux. Plusieurs de ses ouvrages sont consacrés à cette thématique.

En 2004, le Britannique désormais adulé dans le monde entier est commissaire des Rencontres de la photographie d’Arles. Son travail est régulièrement présenté à l’international, en galeries comme dans des expositions muséales.

Il publie sa première autobiographie, chez Michel Lafon, « Complètement paresseux et étourdi » en 2025.

Martin Parr, New Brighton. Extrait de « The Last Resort »
Martin Parr, New Brighton. Extrait de « The Last Resort », 1983–1985 i © Martin Parr / Magnum Photos

Cette série « The last resort » a pour sujet une station balnéaire ouvrière située dans le Merseyside, au nord-ouest de l’Angleterre. Les images, toujours merveilleusement cadrées, nettes et percutantes, témoignent des loisirs de la classe moyenne et ouvrière anglaise dans un univers plus paupérisé et bétonné qu’idyllique. Davantage compatissant que cruel, l’œil de Martin Parr navigue entre objectivité et voyeurisme, capturant des vacanciers déjeunant ou se baignant parmi les déchets, se ruant sur la malbouffe, ou attendant simplement de passer le temps entre chiens et poussettes.

Martin Parr, Série « British Food »
Martin Parr, Série « British Food », 1995 i © Martin Parr / Magnum Photos

À l’aide d’un objectif macro, doté d’un flash, tel qu’on en utilise dans le milieu médical, Martin Parr examine dans cette série « British Food » des aliments typiques de la culture alimentaires britannique contemporaine. Ses images ne sont pas sans susciter un certain haut-le-cœur, voire le dégoût. La nourriture semble dépouillée de ses attraits pour livrer ce qu’elle a de plus rebutant, de plus industriel, de plus artificiel.

Martin Parr, Série « Life’s a Beach »
Martin Parr, Série « Life’s a Beach », 2012 i © Martin Parr / Magnum Photos

Pour réaliser cette série « Life’s a beach » , Martin Parr a sillonné les plages du monde entier. Elles sont, selon lui, un point d’observation intéressant sur les sociétés, les cultures, le rapport au temps. Le photographe témoigne abondamment du tourisme de masse et des absurdités qu’il engendre, à l’image de ces milliers de Japonais agglutinés sur une plage artificielle à l’intérieur du Ocean Dome, à Miyazaki. Cette photographie ci-dessous, prise en 1996, est sans doute l’un de ses plus célèbres clichés.


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