Voyage dans la France d’avant ?

(temps de lecture : 2mn)

C’était mieux avant ? Ce n’est pas là la question à laquelle le dernier livre de F.O.G (Franz-Olivier Giesbert) répond même si le titre peut le laisser supposer, même si la mélancolie est là, toujours présente à chaque page comme chez la plupart des Français.

La mélancolie, ce joli sentiment qui sans être de la nostalgie, sans être du ressassement est une manière poétique de concevoir la vie, à cheval entre un passé dont on ne retient que le meilleur, un présent qui parfois se teinte de poésie et un avenir dont on peine à percevoir les contours.

La mélancolie, celle des chansons à textes d’autrefois et la liste des « paroliers », comme on disait alors, est longue, toutes ces chansons qui chacune se rattache à des moments de nos existences voire même les ont anticipés. F.O.G fait la liste de tous ces chanteurs-auteurs et c’est touchant.

La politique bien sûr, Mai 68 que pour ma part je regrette de ne pas avoir vécu, le « peaceandlove », la contestation chevillée au corps, la France Gaullienne, l’école républicaine, des années d’équilibre où l’ascenseur social fonctionnait, que ça n’était pas un gros mot où la culture populaire n’était pas vaine et cette blessure jamais fermée de la Révolution Française. C’est tout ça le « Voyage dans la France d’avant ».

Un livre qui sent un peu le testament tout comme un autre avant rédigeait «C’était bien ».

Giacometti qui ouvre et ferme le livre, figure tutélaire, la vie et la mort dans le même, la force et la fragilité, la recherche de la vérité.

J’ai beaucoup aimé toutes les citations sur le ton d’une dérision de surface, en exergue aux différents chapitres :

« La grande leçon de la vie est que, parfois, ce sont les fous qui ont raison » Churchill.

«  Rends moi infirme de la main, boiteux, mets-moi une bosse, fais tomber mes dents, tant que la vie me reste, c’est bien » Sénèque

« La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l’infini » E. Renan

« Autant en emporte le vent » F. Villon

« Boire ou conduire, il faut choisir, mais on ne va tout de même pas rentrer à pied » J. Carmet

« N’attendez pas le jugement dernier. Il a lieu tous les jours ». A. Camus

« Le véritable exil n’est pas d’être arraché de son pays ; c’est d’y vivre et de ne plus rien trouver de ce qui le faisait aimer » E. Quinet

« De toute éternité, le Beau est plus rentable que le bien » A. Nothomb

« Je suis un vieux boudoir de roses fanées, où gît un fouillis de modes surannées » C. Baudelaire

Etc

Il faut se remplir des mots des autres pour faire naitre les siens.

Dominique Mallié


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